Investir, quand on commence à avoir un peu de moyens, c’est toujours une bonne idée. Mais attention, “la recherche de rendement implique une prise de risques”, prévient Vincent Pelsez, conseiller gestion de fortune chez Natixis WM. D’où l’importance, dès le départ, de diversifier votre patrimoine. Actions pour la performance, livret pour la sécurité… jouez sur tous les tableaux. 

Et, pour mettre en place la meilleure stratégie, “interrogez-vous sur vos objectifs et votre horizon de placement. Quitte à ouvrir rapidement, mais sans forcément l’alimenter, un PEA ou une assurance-vie pour bénéficier le plus tôt possible de sa fiscalité allégée”, recommande Julien Bidet, chef de produit Epargne Financière de Société Générale.

Livret A

C’est LE placement nécessaire, mais qui ne rapporte quasiment rien ! Malgré son taux d’intérêt de 0,75%, le livret A apparaît en effet comme la solution idéale si vous avez besoin de puiser rapidement dans votre épargne. Aucun risque, aucune fiscalité, aucune durée d’engagement… vous pouvez y effectuer des retraits et des dépôts aussi souvent que vous le voulez et ce, sans frais. Inutile dans une optique de constitution de patrimoine, cette enveloppe est donc à concevoir davantage comme un substitut à votre compte courant. 

Plan Epargne Logement (PEL)

Sauf si vous possédez déjà un PEL, ce n’est certainement pas le moment d’en ouvrir un. Certes l’argent placé sur ce type de plan n’y risque absolument rien, mais vous avez interdiction d’y toucher avant quatre ans. Quant au taux de rémunération servi, il y est plus que faible (1% pendant toute la durée de vie du placement) et les intérêts générés sont soumis à l’impôt et aux prélèvements sociaux. Autre bémol de taille : le prêt immobilier auquel donnent accès les PEL ayant atteint leur 4e anniversaire s’avère peu intéressant avec son taux d’intérêt minimal de 2,2% hors assurance.

Plan Epargne en Actions (PEA)

Enveloppe parfaite pour qui veut commencer en Bourse, le PEA vous permet de vous constituer un portefeuille d’actions européennes avec, à la clé, une fiscalité allégée. À condition de n’effectuer aucun retrait sur votre plan avant son 5e anniversaire, vos plus-values et vos dividendes échappent à l’impôt sur le revenu… mais pas aux prélèvements sociaux.

Côté rémunération en revanche, aucune certitude, souligne Vincent Pelsez : “Tout dépend de l’évolution des marchés. Pour quelqu’un qui débute, mieux vaut donc prendre position sur des titres sur lesquels on a des convictions et ne surtout pas acheter au regard des performances passées”.

Assurance-vie

Véritable “couteau suisse de l’épargne”, l’assurance-vie vous donne la possibilité de choisir vos différents supports d’investissement en fonction du risque que vous êtes prêt à prendre. Cette enveloppe, dans laquelle il est possible de piocher à tout moment tout en bénéficiant d’une fiscalité plus douce, “offre ainsi un mélange parfait de sécurité avec le Fonds en euros au capital garanti et de recherche de performance avec les unités de compte investies sur les marchés financiers ou immobiliers”, insiste Julien Bidet. Libre à vous donc de composer vous-même votre contrat et de le faire évoluer au gré de vos besoins, seul ou avec l’aide d’un gérant. 

Crowdfunding

Attention danger ! Si le crowdfunding peut constituer un excellent outil de diversification, gare à l’utiliser avec précaution et ne pas y consacrer plus de 10% de votre patrimoine. Motif ? Le risque est grand de perdre tout votre investissement, car rien ne vous garantit que le projet que vous avez soutenu financièrement va survivre ni même générer un quelconque gain.

Certes les rendements annoncés sont alléchants (de 5 à 10% bruts en moyenne par projet), mais ils sont à nuancer au regard du taux de défaillance constaté. “Un tiers des projets vont réellement pouvoir se développer et rapporter jusqu’à 10% de rendement”, analyse Nicolas Sérès de Wiseed, plateforme d’equity crowdfunding. Son conseil : multiplier les investissements pour modérer le risque : “Mieux vaut placer 100 euros dans 10 projets que 1.000 euros dans un seul projet.”. Enfin, sachez être patient pour récolter les premiers rendements, attendus en moyenne 5 à 8 ans après l’investissement de départ. 

Investir responsable avec les fonds ISR

Viser la performance tout en donnant du sens à votre portefeuille, c’est possible grâce aux produits d’investissement socialement responsables (ISR). Prudence toutefois, comme tous actifs financiers investis sur les marchés, le rendement n’est pas garanti et vous pouvez perdre tout votre capital. Il existe aujourd’hui 222 fonds labellisés ISR. Depuis plusieurs années, ces derniers affichent une performance comparable à celles des autres produits financiers. Deux études publiées en 2019, l’une de La Financière de L’échiquier et l’autre d’Amundi, suggèrent que la prise en compte des critères ESG (Environnementaux, Sociaux et de Gouvernance) favoriserait la performance des portefeuilles ISR dans la durée. 

Pour en savoir plus, vous pouvez lire notre rubrique conso et notre sujet “Comment investir responsable quand on est jeune ?”  

 

 





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